Toutes les ressources marines ne se ressemblent pas. Espèce, zone de pêche, état des stocks, techniques utilisées... Voici comment ces différences influencent les choix d'approvisionnement de Petit Navire.

Pour préserver les ressources marines, suffit-il de pêcher moins ? La réponse est en réalité plus complexe que cela. Tous les poissons n'ont pas le même cycle de vie, toutes les zones de pêche n'évoluent pas de la même manière, et tous les stocks ne présentent pas le même niveau de santé. Par conséquent, deux populations d'une même espèce peuvent connaître des situations très différentes selon les océans. L’objectif est donc de pêcher mieux. C'est pourquoi les scientifiques suivent régulièrement l'état des ressources et des écosystèmes afin d'adapter les recommandations de gestion de la pêche. 

‍

Qu'est-ce que cela signifie pour Petit Navire ? 

‍

Cela implique de faire évoluer ses approvisionnements dans le temps : changer d'espèce lorsque cela est nécessaire, privilégier les zones de pêche où les stocks de l’espèce sont en bonne santé, soutenir des pêcheries engagées dans des programmes d'amélioration...
Et cela de manière spécifique pour chaque espèce de poisson : thon, sardine, ou maquereau ne présentent pas exactement les mêmes enjeux. Une approche au cas par cas est aussi nécessaire, car les enjeux pour ces espèces peuvent varier d’une zone de pêche à l’autre.

‍

‍

Que signifie vraiment "préserver les ressources marines" ?

‍

On imagine souvent qu'il existerait un stock mondial pour chaque espèce de poisson mais en réalité, les scientifiques évaluent séparément chaque population, en tenant compte des limites de sa zone géographique de répartition. 

Préserver les ressources marines consiste d'abord à laisser suffisamment de poissons dans l'océan pour permettre aux populations de continuer à se reproduire et à se renouveler. Pour ce faire, les scientifiques suivent donc l'évolution des populations de poissons de manière régulière, ce qui leur permet d’évaluer si le stock augmente, reste stable, ou diminue, et in fine d’évaluer les quantités qui peuvent être pêchées, sans réduire la capacité de la population à se renouveler les années suivantes.   

Ces évaluations, qui sont régulièrement mises à jour, servent ensuite de base aux autorités pour fixer des mesures de gestion comme les quotas de pêche.

Mais la préservation des ressources marines ne se limite pas à la gestion des stocks de poissons. Elle passe également par des pratiques de pêche qui réduisent leur impact sur l'environnement : limiter les prises d’espèces qui ne sont pas ciblées par les pêcheurs, notamment d'espèces menacées, en danger ou protégées ou encore réduire la pollution liée aux activités de pêche notamment la pollution plastique.

‍

‍

Adapter les approvisionnements en fonction de l’état des stocks

‍

Les thons

‍
Les thons sont une bonne illustration de la façon dont les approvisionnements peuvent être adaptés en fonction de l’état des stocks et des mesures mises en place pour favoriser leur reconstitution. Pendant plusieurs années, le stock du thon albacore de l'océan Indien a été considéré comme dégradé, ce qui a conduit les scientifiques à recommander une réduction des captures.

Face à l’état du stock de thon albacore dans l’océan Indien, des mesures de limitation des captures ont été mises en place afin de favoriser sa reconstitution. Dans ce contexte, Petit Navire a adapté ses approvisionnements : en 2024, l’entreprise a réduit de plus de 30 % les volumes d’albacore provenant de l’océan Indien par rapport à la période 2017-2019, et s’est reportée sur d’autres approvisionnements, en diversifiant notamment les espèces de thon et les zones d’approvisionnement.

Les dernières évaluations scientifiques montrent aujourd’hui une amélioration de la situation : le stock de thon albacore de l’océan Indien est revenu dans une situation favorable. Il n’est plus considéré comme surexploité ni soumis à la surpêche, une situation que les scientifiques qualifient de stock « en bonne santé ».

‍

Le maquereau

‍
La situation du maquereau de l'Atlantique Nord-Est (Scomber scombrus) fait l’objet d’une attention particulière : depuis plusieurs années, les évaluations scientifiques mettent en évidence un déclin de ce stock et recommandent une forte réduction des captures afin de favoriser sa reconstitution.

Dans ce contexte, Petit Navire a réagi en annonçant qu'à partir de 2026, l’entreprise ferait progressivement évoluer ses approvisionnements vers d'autres espèces de maquereaux, notamment Scomber colias et Scomber japonicus, dont les stocks sont aujourd'hui considérés comme plus favorables. En 2026, 10% des références Petit Navire contiennent du Scomber scombrus. Il n’y en aura plus en 2027.

Cette décision montre qu’adapter les approvisionnements pour limiter la pression exercée sur les stocks consiste d’un côté à réduire les volumes pêchés, et de l’autre à faire évoluer les espèces utilisées afin de maintenir le volume d’approvisionnement. 

À l'image du thon, le maquereau illustre que les choix d'approvisionnement ne sont pas figés, ils évoluent avec les enjeux propres à chaque espèce, afin de limiter la pression exercée sur les stocks concernés.

‍

‍

Les techniques de pêche : un autre levier pour préserver les ressources

‍
Au-delà du choix des espèces ou des zones de pêche, la manière dont les poissons sont capturés peut également avoir un impact sur les écosystèmes marins. 

Les techniques de pêche sont choisies en fonction des espèces recherchées et des zones de pêche. Chacune présente des caractéristiques et des impacts différents sur les ressources et les écosystèmes marins.

L’enjeu est donc d’adapter les pratiques afin de limiter ces impacts et de préserver durablement les ressources. Parmi les sujets particulièrement suivis figure la pêche du thon tropical, notamment autour de l’utilisation des dispositifs de concentration de poissons (DCP).

Ces dispositifs facilitent le regroupement des poissons. Mais elles peuvent également attirer des espèces non ciblées qui sont parfois capturées accidentellement : on parle de prises accessoires. C'est pourquoi les pratiques évoluent. 

Un autre enjeu concerne la conception même des DCP. Lorsqu’ils comportent des matériaux maillants, certaines espèces, notamment des requins, peuvent s’y retrouver piégées. C’est pourquoi les DCP utilisés aujourd’hui sont non maillants, afin de réduire ce risque d’enchevêtrement.

Les pratiques continuent également d’évoluer avec le déploiement de DCP majoritairement biodégradables (hors sonar et GPS) et un meilleur suivi de ces dispositifs afin de réduire leur impact sur les écosystèmes. Petit Navire accompagne cette évolution avec ses partenaires, notamment en finançant le programme FAD Watch, qui vise à récupérer les DCP usagés afin d’éviter qu’ils ne deviennent des déchets en mer

Au-delà des DCP, les techniques de pêche continuent de progresser grâce aux innovations, aux nouvelles réglementations et aux travaux scientifiques.

‍

‍

Les labels et programmes d'amélioration : des repères pour faire évoluer les pratiques 

‍

La certification MSC, ça vous parle ? 

‍

‍

Face à la complexité des enjeux de la gestion des ressources marines, les labels et les programmes d'amélioration apportent des repères objectifs aux consommateurs, lorsqu’ils reposent sur des critères scientifiques et des audits indépendants. 

Dans le cas de la certification MSC, qui est aujourd’hui l’un des programmes les plus reconnus, il s’agit d’attester qu’une pêcherie répond à un ensemble d’exigences portant notamment sur l’état du stock ciblé, l'impact de la pêche sur l'écosystème et la qualité de sa gestion.

Obtenir cette certification peut prendre du temps et c’est pourquoi certaines pêcheries s’engagent d’abord dans des Fishery Improvement Projects (FIP), des programmes d’amélioration qui les accompagnent vers les exigences du MSC. Les FIP lancés et co-financés par Thai Union, la maison mère de Petit Navire, ne constituent donc pas la finalité, mais une étape de progression.

Cet engagement peut également être pris dans le cadre de projets d’amélioration du MSC Improvement Program, dans lesquels les pêcheries s’engagent à avoir réalisé suffisamment de progrès sur leur durabilité environnementale pour une évaluation complète avec le référentiel du MSC sous 5 ans.

Chez Petit Navire, la démarche FIP a permis d’accompagner plusieurs pêcheries vers la certification MSC. A mesure que ces programmes aboutissent, les FIP disparaissent progressivement au profit de pêcheries désormais certifiées MSC.


Cette dynamique se traduit concrètement par un résultat clair : à partir de 2027, l’ensemble du thon Petit Navire proviendra de pêcheries certifiées MSC, marquant l’aboutissement de plusieurs années de travail avec les acteurs de la filière.

Les labels constituent ainsi un outil supplémentaire pour encourager les pratiques de pêche responsables et accompagner l'amélioration continue des filières du secteur, en permettant notamment aux pêcheries de faire évaluer de manière objective leurs performances environnementales et d'identifier les axes de progression lorsque c’est nécessaire.

‍

‍

À retenir

Préserver les ressources, c'est savoir s'adapter

Le défi de la préservation des ressources marines ne se relève pas avec une solution unique, mais avec un ensemble de leviers complémentaires : suivre l'état des stocks, adapter les approvisionnements, faire évoluer les pratiques de pêche si besoin et accompagner les pêcheries dans leur amélioration. 

Comme le montrent les exemples des espèces de thons et du maquereau, les situations peuvent varier selon les espèces, les zones de pêche et les connaissances scientifiques disponibles. Les décisions prises aujourd'hui peuvent évoluer demain, à mesure que les stocks se reconstituent ou que de nouveaux enjeux apparaissent.

Préserver les ressources marines, c'est donc une démarche d'adaptation continue, fondée sur les données scientifiques, et la coopération entre pêcheurs, entreprises de transformation, scientifiques et autorités de gestion. C'est cette capacité à évoluer qui contribue à assurer la disponibilité des ressources en poisson pour les générations futures.

‍

Crédits : Petit Navire.

‍

LES QUESTIONS
QU’ON SE POSE TOUS

Comment fixe-t-on les quantités de poisson à pêcher ?

Zone géographique par zone géographique, les scientifiques évaluent l'état de la population d’une espèce donnée. Ces données servent ensuite de base pour proposer des recommandations de gestion (c’est ce qu’on appelle l’avis scientifique) aux autorités. Les gestionnaires des pêches fixent les mesures de gestion comme les quotas de pêche, idéalement sur la base de ces recommandations scientifiques.

Que fait Petit Navire quand un stock de poisson est considéré comme trop bas ?

Quand les scientifiques font état d'un stock de poisson dégradé, Petit Navire peut réduire son approvisionnement, comme elle l'a fait avec le thon albacore de l'océan Indien, mais aussi se reporter sur d'autres espèces de thon, comme le listao.

Que sont les dispositifs de concentration de poissons / les DCP ?

Ce sont des outils construits et mis à l’eau par les pêcheurs qui concentrent les poissons pour faciliter leur capture. L’utilisation des DCP facilite la pêche des thons tropicaux mais peut aussi générer des captures accidentelles d'autres espèces. Cependant, les Organisations Régionales de Gestion de la Pêche ont fixé des règles de gestion afin de réduire le nombre de DCP utilisés en mer.

Des règles ont également été adoptées pour limiter l’impact des matériaux utilisés pour construire les DCP. Le passage à des DCP 100% sans mailles permet de supprimer la pêche fantôme pour éviter la capture accidentelle d’espèces sensibles. Des échéances ont par ailleurs été fixées pour une transition progressive vers des DCP biodégradables.

Qu'est-ce que la certification MSC ?

La certification MSC atteste, sur la base de critères scientifiques, qu'une pêcherie répond à un ensemble d'exigences portant notamment sur l'état du stock de poisson, l'impact de la pêche sur l'écosystème et la qualité de sa gestion. D’ici 2027, l’ensemble du thon Petit Navire sera issu de pêcheries certifiées selon des critères de durabilité.

Illustration of six blue-toned fish, including four larger tuna fish and two smaller salmon, swimming on a black background.

préservation des ressources

Mieux connaître l’origine du poisson et les conditions de sa pêche pour comprendre les enjeux liés à la préservation des ressources.

Connaissez-vous les différentes espèces de thon ?
Text Link
Protéines, oméga-3, vitamine D… Le bon poisson pour chaque besoin
Text Link

articles à venir

La transparence de la mer à l’assiette est une garantie que nous devons vous offrir. Munissez-vous de votre boîte de conserve ou de votre poisson fumé pour tout savoir !

DES ENGAGEMENTS QUI SE VÉRIFIENT

Chez Petit Navire, la transparence passe aussi par les preuves.
Chez Petit Navire, la transparence passe aussi par les preuves.Derrière nos engagements, il y a des données, des certifications, des contrôles et des actions concrètes.

Nous les mettons à votre disposition pour vous permettre de vérifier, comprendre et vous faire votre propre opinion.

Parce qu’un engagement est plus fort
lorsqu’il peut être vérifié.

DÉCOUVRIR LES PREUVES